L'AFFAIRE DE LA RUE TRANSNONAIN de Jérôme Chantreau
L'insurrection populaire gagne le coeur de la capitale en ce mois d'avril 1834. Après des émeutes violemment réprimées à Lyon, c'est Paris qui voit se dresser des barricades. Le régime de Louis-Philippe ne compte pas laisser la contagion se développer. Les insurgés sont traqués et abattus sans ménagement.
Dans la nuit du 14 avril, les soldats de l'armée investissent l'immeuble situé au 12 de la rue Transnonain. Et tuent douze personnes.
D'après l'officier qui a donné l'assaut, un coup de feu parti du cinquième étage a abattu un haut gradé.
Mais quand on regarde de plus près le profil des victimes, on s'aperçoit que ce sont des femmes, des enfants, des vieillards, d'honnêtes citoyens qui ont été pris pour cible. Pas des révolutionnaires ni des révoltés.
Bavure, crime d'Etat, volonté de faire peur ou de terroriser le peuple ? L'affaire de la rue Transnonain démarre. Dont s'empare une partie de la presse. Ce qui agace au plus haut point le ministre de l'intérieur, Adolphe Thiers, qui veut enterrer cette histoire au plus vite.
Quitte à fabriquer un faux coupable. En l'occurrence le jeune Louis Breffort, et sa compagne, une prostituée, du nom d'Annette Vacher.
Le problème pour le pouvoir en place c'est que la fille de joie a pu échapper au massacre. En s'enfuyant à temps par une fenêtre. Elle a donc tout vu et ferait un parfait témoin. Pour rétablir les faits et la vérité.
Alors, on lance à ses trousses pour l'intercepter au plus vite l'agent de police Joseph Lutz. Un être violent, habitué des bas fonds de la capitale et des missions obscures.
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